Objectif 2027

Travail & retraites

Emploi, droit du travail, système de retraites.

Les débats sur ce thème

Ce qui fait désaccord, et pourquoi. L'argumentaire pour/contre sourcé s'affiche sous chaque mesure ci-dessous.

Âge de départ à la retraite : abaisser ou relever ?

Les deux orientations s'appuient sur des données exactes mais des indicateurs différents. Les partisans d'un départ plus tôt citent l'espérance de vie SANS INCAPACITÉ À LA NAISSANCE (63,7-64,1 ans) et les inégalités sociales de longévité ; les partisans d'un départ plus tard citent l'équilibre FINANCIER du système (COR) et l'espérance de vie sans incapacité À 65 ANS, qui progresse. Le désaccord de fond n'est pas statistique : il porte sur ce que le système doit garantir (des années de retraite en bonne santé pour tous, ou l'équilibre à prélèvements constants) — un choix politique que les études éclairent sans le trancher.

4 faits sourcés · voir la question →

Ce que proposent les candidats

Nathalie Arthaud Relevé — argumentaire en cours
  • Fixe pour objectif l'abolition du salariat, au-delà d'un salaire équitable ou de la réduction du temps de travail.source ↗
  • Dénonce le coût humain du travail et le retour du paiement à la tâche sous les formes de l'intérim et de l'auto-entrepreneuriat.source ↗
  • Oppose au chômage la répartition du travail entre tous, que les grands groupes refusent au profit d'une réserve permanente de chômeurs.source ↗
François Asselineau Non exprimé
Gabriel Attal Publié
  • Réforme systémique des retraites : suppression de l'âge légal de départ au profit de la seule durée de cotisation, avec protection des carrières hachées.
  • Confier la gestion de l'intégralité du système de retraites aux partenaires sociaux, avec obligation d'équilibre (sur le modèle des complémentaires du privé).
  • Introduction d'une part de capitalisation : 1 000 € versés par l'État à la naissance de chaque enfant sur un compte bloqué, abondable par la famille avec défiscalisation, débloqué à la retraite.
  • Chiffrage avancé à l'appui de la stratégie salaires : avec la trajectoire de productivité américaine sur 20 ans, le salaire médian serait de 3 300 € nets au lieu de 2 200 €. À fact-checker (méthodologie non citée).
  • Réformer le code du travail pour le réduire à une « constitution du travail » (grands principes), le reste renvoyé au dialogue social.
  • Corollaire assumé du droit au brut : transférer le financement des dépenses sociales hors des cotisations pesant sur les actifs (modalités non précisées).

    POUR(1)

    • InstitutionConfirmation indépendante cinq ans plus tard

      La mission confiée par Matignon à Antoine Bozio et Étienne Wasmer, remise le 3 octobre 2024, confirme l'efficacité supérieure des allègements en bas de la distribution salariale, déjà établie par le Conseil d'analyse économique en 2019. Deux travaux indépendants, commandés sous des majorités différentes, aboutissent au même résultat sur ce point précis.

      Le rapport Bozio-Wasmer admet le principe d'un financement partiellement déconnecté des bas salaires.

      France Stratégie ↗ · haute

    CONTRE(2)

    • ChiffrageUn coût budgétaire massif et en forte croissance

      Les exonérations de cotisations atteignent 75 milliards d'euros en 2023 et dépassent 80 milliards en 2024. Rapportées au PIB, elles sont passées de 1,1 % en 2004 à 2,8 % en 2022. Pour le seul régime général, elles ont doublé entre 2013 et 2022.

      Le transfert hors cotisations reporte la charge sur le budget de l'État, déjà mobilisé pour compenser plus de 80 milliards d'exonérations.

      Cour des comptes ↗ · haute

    • ChiffrageLe précédent du CICE : un effet modeste au regard de la dépense

      Le comité de suivi du CICE estime que l'effet le plus vraisemblable du dispositif est de l'ordre de 100 000 emplois créés ou sauvegardés sur 2013-2015, dans une fourchette de 10 000 à 200 000, pour une dépense de 47 milliards d'euros. Précision : les ratios de coût par emploi qui circulent dans le débat public sont des calculs effectués par des tiers et ne figurent pas dans le rapport.

      Le CICE constitue un précédent de transfert de financement dont l'évaluation ex post conclut à un effet emploi modeste au regard de la dépense.

      France Stratégie ↗ · haute

  • « Droit au brut » : baisser les cotisations salariales pour rapprocher le salaire net du brut.

    POUR(1)

    • ÉtudeEffet emploi établi lorsque l'allègement est concentré sous 1,6 SMIC

      La note du Conseil d'analyse économique de janvier 2019 « Baisse de charges : stop ou encore ? » établit que les allègements de cotisations patronales ont des effets significatifs sur l'emploi lorsqu'ils sont concentrés sous 1,6 SMIC. L'impact de 4 points d'allègement supplémentaires entre 1 et 1,6 SMIC y est estimé entre 80 000 et 200 000 emplois créés ou sauvegardés selon l'élasticité retenue. Limite : estimation ex ante par simulation, fourchette allant du simple au double et demi.

      À rapprocher avec prudence : la littérature citée porte sur les cotisations patronales, alors que le « droit au brut » vise les cotisations salariales. L'effet emploi documenté ne s'y transpose pas directement.

      Notes du Conseil d'analyse économique ↗ · haute

    CONTRE(2)

    • ChiffrageUn coût budgétaire massif et en forte croissance

      Les exonérations de cotisations atteignent 75 milliards d'euros en 2023 et dépassent 80 milliards en 2024. Rapportées au PIB, elles sont passées de 1,1 % en 2004 à 2,8 % en 2022. Pour le seul régime général, elles ont doublé entre 2013 et 2022.

      Le transfert du financement hors cotisations suppose une ressource de substitution, dans un ensemble de dépenses déjà supérieur à 80 milliards.

      Cour des comptes ↗ · haute

    • InstitutionUne efficacité qui décroît à mesure que le dispositif s'étend

      La Cour des comptes juge que la politique d'exonérations a perdu en efficacité, du fait notamment de la polarisation du marché du travail, et que son effet est d'autant plus faible qu'elle s'éloigne des bas salaires. Une moindre concentration au niveau du SMIC pourrait être compensée par des créations d'emplois entre 1,2 et 1,6 SMIC si les allègements y étaient renforcés.

      La perte d'efficacité constatée par la Cour des comptes concerne les dispositifs les plus larges, catégorie dont relève une baisse générale.

      Cour des comptes ↗ · haute

  • Estime que le financement de la reforme des retraites proposee par Marine Le Pen, ramenant l'age de depart a 60 ans, n'est pas precise.
  • S'engage a revenir sur les hausses du cout du travail intervenues depuis 2024, evaluees a 1,5 milliard d'euros apres opposition au projet initial de 4,5 milliards.
  • Propose de remplacer le code du travail par une constitution du travail de 50 pages fixant les grands principes, redigee avec les partenaires sociaux et des parlementaires, le reste relevant des branches et des entreprises.
  • Prevoit d'integrer un pilier de capitalisation dans le systeme de retraite, en complement de la duree de cotisation.
  • Propose un nouveau systeme de retraite universel, fonde sur la duree de cotisation, avec une incitation a travailler plus longtemps.
  • Indique s'etre oppose a la suspension de la reforme des retraites de 2023 et prevoit, s'il est elu, la reprise du calendrier initialement prevu a l'issue de la suspension.
Clémentine Autain Non exprimé
Delphine Batho Non exprimé
Olivier Becht Non exprimé
Xavier Bertrand Non exprimé
Karim Bouamrane Non exprimé
Philippe Brun Non exprimé
Bernard Cazeneuve Non exprimé
Nicolas Dupont-Aignan Non exprimé
Clara Egger Publié
  • Retraites : réforme jugée souhaitable mais devant passer le filtre du référendum ; anticipe qu'une réforme validée toucherait probablement les plus grosses pensions.
Olivier Faure Publié
  • Abroger la réforme des retraites de 2023 (réforme Borne).
  • Réformer les retraites pour que les métiers pénibles exigent moins d'annuités, en rétablissant des critères de pénibilité supprimés.
  • Pour 1 € de dividende distribué, verser au moins 1 € aux salariés en participation, intéressement ou salaire.
  • Abroger la réforme des retraites de 2023 et placer la pénibilité au cœur d'une nouvelle réforme.
  • Annonce un nouveau pacte social visant l'amelioration des conditions de travail, de la sante au travail et de la sante mentale au travail.
  • Affirme que le modele social ne doit pas etre demantele, en liant sa preservation a celle de la democratie.
  • Cite l'Allemagne comme reference, ou les travailleurs disposent d'une voix plus forte dans l'entreprise et les syndicats d'une meilleure reconnaissance.
  • Annonce un pacte social permettant aux travailleurs de mieux gagner leur vie, d'ameliorer leurs conditions de travail et d'etre reconnus sur leur lieu de travail, des le lendemain de l'election.
  • Defend le principe d'un depart anticipe pour les personnes ayant eu les carrieres les plus dures et une esperance de vie en bonne sante plus faible.
  • Annonce qu'une reforme des retraites sera menee et qu'elle sera fondee sur la penibilite, sans age unique de depart.
  • Annonce l'abrogation de la reforme des retraites, qualifiee d'injuste.
  • Deuxieme axe annonce : batir une societe de travailleurs plutot qu'une societe de rentiers et d'heritiers.
Jérôme Guedj Publié
  • Revendique de « produire plus » pour pouvoir redistribuer, en se disant opposé à la décroissance.
  • Revenir sur les réformes successives de l'assurance chômage qui ont durci les conditions d'indemnisation.
  • Conditionner les exonérations de cotisations sociales : moins d'exonérations en cas de dividendes, et plus aucune pour un salarié maintenu au SMIC plusieurs années.
François Hollande Non exprimé
Marine Le Pen Publié
  • Annonce le maintien des exonérations de cotisations existantes, évaluées à 77 milliards d'euros.

    POUR(5)

    • ÉtudeL'évaluation fondatrice : 460 000 emplois entre 1994 et 1997

      Bruno Crépon et Rozenn Desplatz, dans la revue de l'INSEE Économie et Statistique (2001), estiment que les allègements sur les bas salaires ont créé ou sauvegardé 460 000 emplois entre 1994 et 1997, dont la moitié de postes non qualifiés. Réserve essentielle : ce chiffre a été vivement contesté (Sterdyniak à l'OFCE, Cette et Gubian en 2002), et les auteurs eux-mêmes ont averti qu'il n'est pas transposable à un nouvel allègement.

      Le maintien des exonérations préserve un dispositif dont l'évaluation historique conclut à un effet emploi substantiel.

      INSEE — Économie et Statistique n° 348 ↗ · haute Revue de l'OFCE ↗ · moyenne

    • ÉtudeEffet emploi établi lorsque l'allègement est concentré sous 1,6 SMIC

      La note du Conseil d'analyse économique de janvier 2019 « Baisse de charges : stop ou encore ? » établit que les allègements de cotisations patronales ont des effets significatifs sur l'emploi lorsqu'ils sont concentrés sous 1,6 SMIC. L'impact de 4 points d'allègement supplémentaires entre 1 et 1,6 SMIC y est estimé entre 80 000 et 200 000 emplois créés ou sauvegardés selon l'élasticité retenue. Limite : estimation ex ante par simulation, fourchette allant du simple au double et demi.

      Le maintien des exonérations préserve les allègements de bas salaires, ceux dont l'effet emploi est le mieux établi.

      Notes du Conseil d'analyse économique ↗ · haute

    • InstitutionConfirmation indépendante cinq ans plus tard

      La mission confiée par Matignon à Antoine Bozio et Étienne Wasmer, remise le 3 octobre 2024, confirme l'efficacité supérieure des allègements en bas de la distribution salariale, déjà établie par le Conseil d'analyse économique en 2019. Deux travaux indépendants, commandés sous des majorités différentes, aboutissent au même résultat sur ce point précis.

      Les deux rapports convergent : supprimer ces allègements ferait perdre l'effet documenté en bas de distribution.

      France Stratégie ↗ · haute

    • InstitutionUn rétablissement mal calibré détruirait des emplois à court terme

      Antoine Bozio, co-auteur du rapport et directeur de l'Institut des politiques publiques, a averti publiquement qu'une réforme mal calibrée des allègements produirait des destructions d'emplois dès l'année suivante. Limite : déclaration de presse visant une réforme précise (PLFSS 2025), et non un résultat du rapport ni une appréciation du principe même d'un rétablissement.

      Une remise en cause mal calibrée produirait des destructions d'emplois à court terme, selon le co-auteur du rapport de 2024.

      Public Sénat ↗ · moyenne

    • ÉtudeUn effet de trappe jugé réel mais d'ampleur limitée

      Selon la synthèse de FIPECO, les études disponibles concluent que les effets de trappe à bas salaires sont significatifs mais faibles, ce qui ferait du dispositif actuel un compromis acceptable entre soutien à l'emploi et dynamique salariale. Limite : source secondaire, et conclusion en tension avec celle de la mission Bozio-Wasmer, qui juge ces effets structurants.

      Argument à pondérer : la faiblesse de l'effet de trappe est contestée par la mission Bozio-Wasmer (voir l'argument opposé).

      FIPECO ↗ · moyenne

    CONTRE(4)

    • ChiffrageLa concentration au SMIC a culminé en 2023 avant de refluer

      La part de salariés payés au SMIC est passée de 12,0 % en 2021 à 17,3 % en 2023, avant de refluer à 12,4 % au 1er novembre 2024 (2,2 millions de personnes). Elle double à temps partiel (24,5 % contre 9,6 %) et dans les très petites entreprises (19,4 % contre 10,8 %). Le tassement des salaires en bas de l'échelle est réel mais non irréversible : la poussée de 2021-2023 tient d'abord à l'inflation, le SMIC étant indexé quand les autres salaires ne le sont pas.

      Maintenir le dispositif en l'état prolonge le tassement des salaires que la Dares documente.

      Dares (ministère du Travail) ↗ · haute

    • ChiffrageUn coût budgétaire massif et en forte croissance

      Les exonérations de cotisations atteignent 75 milliards d'euros en 2023 et dépassent 80 milliards en 2024. Rapportées au PIB, elles sont passées de 1,1 % en 2004 à 2,8 % en 2022. Pour le seul régime général, elles ont doublé entre 2013 et 2022.

      Le chiffre de 77 milliards avancé à l'appui du maintien est précisément l'ordre de grandeur que la Cour des comptes juge non maîtrisé.

      Cour des comptes ↗ · haute

    • InstitutionUne efficacité qui décroît à mesure que le dispositif s'étend

      La Cour des comptes juge que la politique d'exonérations a perdu en efficacité, du fait notamment de la polarisation du marché du travail, et que son effet est d'autant plus faible qu'elle s'éloigne des bas salaires. Une moindre concentration au niveau du SMIC pourrait être compensée par des créations d'emplois entre 1,2 et 1,6 SMIC si les allègements y étaient renforcés.

      Maintenir le dispositif en l'état revient à conserver la part dont l'efficacité est la plus incertaine.

      Cour des comptes ↗ · haute

    • ÉtudeTrappe à bas salaires et spécialisation dans les emplois peu rémunérés

      La mission Bozio-Wasmer constate que trente ans d'empilement de dispositifs ont pu conduire à une sur-spécialisation de l'économie française dans les emplois à bas salaires, au détriment de secteurs à plus forte valeur ajoutée, et que les allègements freinent la progression salariale au voisinage du SMIC. Les auteurs recommandent de réduire l'allègement au niveau du SMIC et d'instaurer un barème dégressif unique jusqu'à 2,5 SMIC.

      Le maintien perpétue la trappe à bas salaires identifiée par la mission Bozio-Wasmer.

      France Stratégie ↗ · haute

  • Considère que la situation budgétaire ne permet pas de baisser davantage le coût du travail.
  • Annonce un soutien à l'apprentissage et à l'alternance et une réforme des offres de formation pour les aligner sur les besoins des entreprises.
  • Propose de supprimer les cotisations retraite et chômage pour l'emploi des personnes ayant dépassé l'âge de la retraite.
  • Propose des incitations au maintien en activité des personnes ayant atteint l'âge de la retraite et leurs trimestres.
  • Propose une réforme des retraites liant durée de cotisation et âge de départ à l'âge d'entrée dans l'emploi : 40 annuités et départ à 60 ans pour une entrée avant 20 ans, jusqu'à 42 annuités et 62 ans pour une entrée à 24 ans et demi.
  • Fait du relèvement du taux d'emploi des jeunes sa priorité, en relevant que le premier emploi effectif intervient à 27 ans.
Maxime Legrand Non exprimé
David Lisnard Non exprimé
Lydie Massard Non exprimé
Emmanuel Maurel Publié
  • Veut réformer la protection des entreprises françaises face aux fonds « vautours » qui les vendent à la découpe.
  • Fait de la démondialisation le cœur de sa campagne : relocaliser la production pour réduire la dépendance extérieure révélée par le Covid.
  • Veut mettre fin au gel du point d'indice des fonctionnaires, dont beaucoup vivent dans la précarité.
  • Abroger la réforme des retraites à 64 ans, puis revenir à la retraite à 60 ans.

    POUR(2)

    • ÉtudeEspérance de vie sans incapacité à la naissance : 63,7 à 64,1 ans

      En 2024, l'espérance de vie sans incapacité à la naissance est de 64,1 ans pour les femmes et 63,7 ans pour les hommes (DREES) : en moyenne, un départ après 64 ans excède le nombre d'années que les Français peuvent espérer vivre sans limitation dans les activités quotidiennes. Lecture inverse (IFRAP) : l'espérance de vie sans incapacité À 65 ANS progresse (+2 ans et 7-8 mois depuis 2008, 10,5 ans hommes / 11,8 ans femmes en 2024) et la France est dans le haut du classement européen — l'indi

      un départ à 60 ans maximise les années de retraite sans incapacité

      DREES — Études et Résultats (janv. 2026, données 2024) ↗ · haute Fondation IFRAP (contre-lecture, think tank orienté libéral) ↗ · moyenne

    • ÉtudeInégalités sociales d'espérance de vie

      L'écart d'espérance de vie entre cadres et ouvriers est de 5 ans chez les hommes et 3 ans chez les femmes (INSEE Première n°2055, juillet 2024) ; il atteint 8 ans entre hommes cadres et hommes non diplômés. Un âge légal uniforme élevé fait porter l'effort sur ceux qui vivent le moins longtemps et ont commencé le plus tôt. Contre-lecture : ces écarts justifieraient des dispositifs ciblés (carrières longues, pénibilité, invalidité) plutôt qu'un abaissement général coûteux bénéficiant aussi à

      l'âge unique élevé pénalise les catégories à faible longévité

      INSEE Première n°2055 (N. Blanpain, juillet 2024) — via Observatoire des inégalités ↗ · haute

    CONTRE(2)

    • InstitutionEffets macroéconomiques des leviers (analyse COR)

      Le COR estime que le report de l'âge est le seul levier d'équilibrage à effet économique positif (hausse de l'offre de travail, de l'emploi et du PIB, donc de toutes les recettes publiques), tandis que la modération des pensions et la hausse des cotisations sont qualifiées de « récessives ». Le taux d'emploi des 55-64 ans a augmenté de plus de 19 points entre 2010 et 2024, notamment sous l'effet des réformes. Contre-lecture : une partie des économies des reports d'âge se reporte sur d'autre

      renoncer au levier âge impose des leviers jugés récessifs par le COR

      COR — rapport 2025 (via synthèse CFDT-UFETAM et UNSA, lectures syndicales étiquetées) ↗ · haute DREES / IPP — effets de report vers invalidité-chômage : références exactes à lier ↗ · moyenne

    • ChiffrageÉquilibre financier : les projections du COR

      Le COR (rapport juin 2025) projette un déficit de 6,6 Md€ en 2030 (0,2 % du PIB) se creusant à 1,4 % du PIB en 2070 à législation inchangée ; pour équilibrer le système par le seul levier de l'âge, il faudrait 64,3 ans en 2030, 65,9 ans en 2045 et 66,5 ans en 2070. Abaisser l'âge accroît mécaniquement le besoin de financement (l'abrogation de la seule réforme de 2023 est évaluée à ~15 Md€/an par un membre du COR — chiffrage à recouper) et nécessiterait hausses de cotisations ou autres recet

      le retour à 60 ans accroît le besoin de financement au-delà de l'abrogation de 2023 (~15 Md€/an, à recouper) — chiffrage complet à lier (Institut Montaigne/IFRAP 2022 sur l'AEC)

      COR — rapport annuel juin 2025 (synthèse) ↗ · haute Public Sénat (déclaration O. Henno, membre du COR, sur le coût d'un retour en arrière) ↗ · moyenne

  • Abroger la réforme des retraites, revenir dans un premier temps à un âge de départ à 62 ans, avec pour objectif un retour à 60 ans.
  • Défend le caractère universel des droits à la retraite, sans différenciation selon les situations individuelles.
  • Présente le temps libre des retraités comme du travail civique, familial et associatif, dont l'allongement de la durée de travail priverait la société.
  • Rétablir progressivement les cotisations sociales supprimées et aujourd'hui compensées par l'État, en trouvant parallèlement d'autres recettes.

    POUR(5)

    • ChiffrageLa concentration au SMIC a culminé en 2023 avant de refluer

      La part de salariés payés au SMIC est passée de 12,0 % en 2021 à 17,3 % en 2023, avant de refluer à 12,4 % au 1er novembre 2024 (2,2 millions de personnes). Elle double à temps partiel (24,5 % contre 9,6 %) et dans les très petites entreprises (19,4 % contre 10,8 %). Le tassement des salaires en bas de l'échelle est réel mais non irréversible : la poussée de 2021-2023 tient d'abord à l'inflation, le SMIC étant indexé quand les autres salaires ne le sont pas.

      Le tassement des salaires au voisinage du SMIC, mesuré par la Dares, étaye la remise en cause du dispositif.

      Dares (ministère du Travail) ↗ · haute

    • ChiffrageUn coût budgétaire massif et en forte croissance

      Les exonérations de cotisations atteignent 75 milliards d'euros en 2023 et dépassent 80 milliards en 2024. Rapportées au PIB, elles sont passées de 1,1 % en 2004 à 2,8 % en 2022. Pour le seul régime général, elles ont doublé entre 2013 et 2022.

      Le rétablissement viserait une dépense que la Cour des comptes qualifie de massive et insuffisamment maîtrisée.

      Cour des comptes ↗ · haute

    • InstitutionUne efficacité qui décroît à mesure que le dispositif s'étend

      La Cour des comptes juge que la politique d'exonérations a perdu en efficacité, du fait notamment de la polarisation du marché du travail, et que son effet est d'autant plus faible qu'elle s'éloigne des bas salaires. Une moindre concentration au niveau du SMIC pourrait être compensée par des créations d'emplois entre 1,2 et 1,6 SMIC si les allègements y étaient renforcés.

      La Cour identifie une part d'exonérations à l'efficacité incertaine, cible la plus défendable d'un rétablissement.

      Cour des comptes ↗ · haute

    • ÉtudeTrappe à bas salaires et spécialisation dans les emplois peu rémunérés

      La mission Bozio-Wasmer constate que trente ans d'empilement de dispositifs ont pu conduire à une sur-spécialisation de l'économie française dans les emplois à bas salaires, au détriment de secteurs à plus forte valeur ajoutée, et que les allègements freinent la progression salariale au voisinage du SMIC. Les auteurs recommandent de réduire l'allègement au niveau du SMIC et d'instaurer un barème dégressif unique jusqu'à 2,5 SMIC.

      Bozio-Wasmer recommandent eux aussi de réduire l'allègement au niveau du SMIC, quoique dans un barème redessiné et non par un rétablissement général.

      France Stratégie ↗ · haute

    • ChiffrageLe précédent du CICE : un effet modeste au regard de la dépense

      Le comité de suivi du CICE estime que l'effet le plus vraisemblable du dispositif est de l'ordre de 100 000 emplois créés ou sauvegardés sur 2013-2015, dans une fourchette de 10 000 à 200 000, pour une dépense de 47 milliards d'euros. Précision : les ratios de coût par emploi qui circulent dans le débat public sont des calculs effectués par des tiers et ne figurent pas dans le rapport.

      L'évaluation ex post du CICE illustre qu'une dépense de cette ampleur peut produire un effet emploi modeste.

      France Stratégie ↗ · haute

    CONTRE(5)

    • ÉtudeL'évaluation fondatrice : 460 000 emplois entre 1994 et 1997

      Bruno Crépon et Rozenn Desplatz, dans la revue de l'INSEE Économie et Statistique (2001), estiment que les allègements sur les bas salaires ont créé ou sauvegardé 460 000 emplois entre 1994 et 1997, dont la moitié de postes non qualifiés. Réserve essentielle : ce chiffre a été vivement contesté (Sterdyniak à l'OFCE, Cette et Gubian en 2002), et les auteurs eux-mêmes ont averti qu'il n'est pas transposable à un nouvel allègement.

      Un rétablissement supprimerait un dispositif crédité de 460 000 emplois sur 1994-1997, même si ce chiffre est discuté.

      INSEE — Économie et Statistique n° 348 ↗ · haute Revue de l'OFCE ↗ · moyenne

    • ÉtudeEffet emploi établi lorsque l'allègement est concentré sous 1,6 SMIC

      La note du Conseil d'analyse économique de janvier 2019 « Baisse de charges : stop ou encore ? » établit que les allègements de cotisations patronales ont des effets significatifs sur l'emploi lorsqu'ils sont concentrés sous 1,6 SMIC. L'impact de 4 points d'allègement supplémentaires entre 1 et 1,6 SMIC y est estimé entre 80 000 et 200 000 emplois créés ou sauvegardés selon l'élasticité retenue. Limite : estimation ex ante par simulation, fourchette allant du simple au double et demi.

      Un rétablissement général supprimerait aussi les allègements sous 1,6 SMIC, ceux dont l'effet emploi est le mieux établi.

      Notes du Conseil d'analyse économique ↗ · haute

    • InstitutionConfirmation indépendante cinq ans plus tard

      La mission confiée par Matignon à Antoine Bozio et Étienne Wasmer, remise le 3 octobre 2024, confirme l'efficacité supérieure des allègements en bas de la distribution salariale, déjà établie par le Conseil d'analyse économique en 2019. Deux travaux indépendants, commandés sous des majorités différentes, aboutissent au même résultat sur ce point précis.

      Les deux rapports convergents situent l'efficacité précisément sur le segment qu'un rétablissement général supprimerait.

      France Stratégie ↗ · haute

    • InstitutionUn rétablissement mal calibré détruirait des emplois à court terme

      Antoine Bozio, co-auteur du rapport et directeur de l'Institut des politiques publiques, a averti publiquement qu'une réforme mal calibrée des allègements produirait des destructions d'emplois dès l'année suivante. Limite : déclaration de presse visant une réforme précise (PLFSS 2025), et non un résultat du rapport ni une appréciation du principe même d'un rétablissement.

      Le caractère « progressif » annoncé répond partiellement à l'avertissement sur les destructions d'emplois, sans le lever.

      Public Sénat ↗ · moyenne

    • ÉtudeUn effet de trappe jugé réel mais d'ampleur limitée

      Selon la synthèse de FIPECO, les études disponibles concluent que les effets de trappe à bas salaires sont significatifs mais faibles, ce qui ferait du dispositif actuel un compromis acceptable entre soutien à l'emploi et dynamique salariale. Limite : source secondaire, et conclusion en tension avec celle de la mission Bozio-Wasmer, qui juge ces effets structurants.

      Si l'effet de trappe est faible, le principal motif d'un rétablissement s'en trouve affaibli. Argument lui-même contesté.

      FIPECO ↗ · moyenne

  • Retablir l'echelle mobile des salaires (indexation sur les prix) pendant les periodes de crise, comme en Belgique et comme en France de 1952 a 1983.
  • Convoquer de nouvelles negociations annuelles obligatoires pour relever aussi les salaires intermediaires, et pas seulement le SMIC.
  • Augmenter les salaires en commencant par le SMIC.
  • Affirme que les Francais travaillent plus longtemps que les Allemands et se situent au milieu de la fourchette europeenne. A verifier.
  • Rétablir l'échelle mobile des salaires, c'est-à-dire l'ajustement périodique des salaires sur la hausse du coût de la vie.
Antoine Mikolajczak Non exprimé
  • Allongement de la durée de travail pour les cadres et employés des secteurs public et privé. Aucun âge légal cible n'est donné dans ce discours (contrairement à ses déclarations antérieures — voir angles de contre-argumentaire).

    POUR(2)

    • InstitutionEffets macroéconomiques des leviers (analyse COR)

      Le COR estime que le report de l'âge est le seul levier d'équilibrage à effet économique positif (hausse de l'offre de travail, de l'emploi et du PIB, donc de toutes les recettes publiques), tandis que la modération des pensions et la hausse des cotisations sont qualifiées de « récessives ». Le taux d'emploi des 55-64 ans a augmenté de plus de 19 points entre 2010 et 2024, notamment sous l'effet des réformes. Contre-lecture : une partie des économies des reports d'âge se reporte sur d'autre

      effet emploi seniors documenté — à nuancer par les effets de report (sources à lier)

      COR — rapport 2025 (via synthèse CFDT-UFETAM et UNSA, lectures syndicales étiquetées) ↗ · haute DREES / IPP — effets de report vers invalidité-chômage : références exactes à lier ↗ · moyenne

    • ChiffrageÉquilibre financier : les projections du COR

      Le COR (rapport juin 2025) projette un déficit de 6,6 Md€ en 2030 (0,2 % du PIB) se creusant à 1,4 % du PIB en 2070 à législation inchangée ; pour équilibrer le système par le seul levier de l'âge, il faudrait 64,3 ans en 2030, 65,9 ans en 2045 et 66,5 ans en 2070. Abaisser l'âge accroît mécaniquement le besoin de financement (l'abrogation de la seule réforme de 2023 est évaluée à ~15 Md€/an par un membre du COR — chiffrage à recouper) et nécessiterait hausses de cotisations ou autres recet

      la direction « travailler plus longtemps » est celle que le COR identifie pour l'équilibre par l'âge (66,5 ans à 2070)

      COR — rapport annuel juin 2025 (synthèse) ↗ · haute Public Sénat (déclaration O. Henno, membre du COR, sur le coût d'un retour en arrière) ↗ · moyenne

    CONTRE(2)

    • ÉtudeInégalités sociales d'espérance de vie

      L'écart d'espérance de vie entre cadres et ouvriers est de 5 ans chez les hommes et 3 ans chez les femmes (INSEE Première n°2055, juillet 2024) ; il atteint 8 ans entre hommes cadres et hommes non diplômés. Un âge légal uniforme élevé fait porter l'effort sur ceux qui vivent le moins longtemps et ont commencé le plus tôt. Contre-lecture : ces écarts justifieraient des dispositifs ciblés (carrières longues, pénibilité, invalidité) plutôt qu'un abaissement général coûteux bénéficiant aussi à

      un report uniforme accroît la régressivité, sauf dispositifs ciblés renforcés

      INSEE Première n°2055 (N. Blanpain, juillet 2024) — via Observatoire des inégalités ↗ · haute

    • ÉtudeEspérance de vie sans incapacité à la naissance : 63,7 à 64,1 ans

      En 2024, l'espérance de vie sans incapacité à la naissance est de 64,1 ans pour les femmes et 63,7 ans pour les hommes (DREES) : en moyenne, un départ après 64 ans excède le nombre d'années que les Français peuvent espérer vivre sans limitation dans les activités quotidiennes. Lecture inverse (IFRAP) : l'espérance de vie sans incapacité À 65 ANS progresse (+2 ans et 7-8 mois depuis 2008, 10,5 ans hommes / 11,8 ans femmes en 2024) et la France est dans le haut du classement européen — l'indi

      un report au-delà de 64 ans dépasse l'EVSI moyenne à la naissance

      DREES — Études et Résultats (janv. 2026, données 2024) ↗ · haute Fondation IFRAP (contre-lecture, think tank orienté libéral) ↗ · moyenne

  • Mise à contribution accrue des retraités pour le financement du système social (modalités non précisées).
  • Présente une réforme des retraites comme un moyen de contenir l'évolution de la dépense sociale.
  • Situe l'écart de coût du travail avec l'Allemagne à partir de 2,5 fois le SMIC, niveau correspondant selon lui aux emplois qualifiés et industriels.
  • Propose d'allonger la durée de travail pour ceux qui le peuvent, en tenant compte de la réalité des différents métiers. Ne donne pas d'âge chiffré.
  • Indique que la maîtrise de la dépense sociale sur les retraites ne passe pas par une baisse des pensions.
  • Compare les dépenses de retraite française et allemande, en indiquant un écart de trois points de PIB.
Florian Philippot Non exprimé
  • Défend la réforme des retraites et reproche au Rassemblement national de vouloir abaisser l'âge de départ, à rebours des autres pays européens.
  • Présente la retraite à 60 ans et les 35 heures comme des choix politiques qui pèsent aujourd'hui sur les jeunes générations.
  • Il attribue la situation économique aux 35 heures et à la retraite à 60 ans instaurées par la gauche.
  • Il propose de réduire le code du travail à 50 principes fondamentaux, le reste des règles étant fixé par dialogue social au niveau de l'entreprise.
  • Il propose de permettre aux entreprises et aux branches de sortir des 35 heures et de fixer la durée du travail avec les salariés.
  • Il annonce comme première décision de mettre fin au système qui surtaxe le travail, via le seuil zéro cotisation.

    POUR(3)

    • ÉtudeL'évaluation fondatrice : 460 000 emplois entre 1994 et 1997

      Bruno Crépon et Rozenn Desplatz, dans la revue de l'INSEE Économie et Statistique (2001), estiment que les allègements sur les bas salaires ont créé ou sauvegardé 460 000 emplois entre 1994 et 1997, dont la moitié de postes non qualifiés. Réserve essentielle : ce chiffre a été vivement contesté (Sterdyniak à l'OFCE, Cette et Gubian en 2002), et les auteurs eux-mêmes ont averti qu'il n'est pas transposable à un nouvel allègement.

      L'évaluation fondatrice porte précisément sur des allègements ciblant les bas salaires, comme ce dispositif.

      INSEE — Économie et Statistique n° 348 ↗ · haute Revue de l'OFCE ↗ · moyenne

    • ÉtudeEffet emploi établi lorsque l'allègement est concentré sous 1,6 SMIC

      La note du Conseil d'analyse économique de janvier 2019 « Baisse de charges : stop ou encore ? » établit que les allègements de cotisations patronales ont des effets significatifs sur l'emploi lorsqu'ils sont concentrés sous 1,6 SMIC. L'impact de 4 points d'allègement supplémentaires entre 1 et 1,6 SMIC y est estimé entre 80 000 et 200 000 emplois créés ou sauvegardés selon l'élasticité retenue. Limite : estimation ex ante par simulation, fourchette allant du simple au double et demi.

      Le dispositif « zéro cotisation » vise le bas de la distribution : c'est le segment où la littérature identifie un effet emploi.

      Notes du Conseil d'analyse économique ↗ · haute

    • InstitutionConfirmation indépendante cinq ans plus tard

      La mission confiée par Matignon à Antoine Bozio et Étienne Wasmer, remise le 3 octobre 2024, confirme l'efficacité supérieure des allègements en bas de la distribution salariale, déjà établie par le Conseil d'analyse économique en 2019. Deux travaux indépendants, commandés sous des majorités différentes, aboutissent au même résultat sur ce point précis.

      Deux travaux indépendants convergent sur l'efficacité des allègements en bas de distribution, ce que cette mesure mobilise.

      France Stratégie ↗ · haute

    CONTRE(3)

    • ChiffrageLa concentration au SMIC a culminé en 2023 avant de refluer

      La part de salariés payés au SMIC est passée de 12,0 % en 2021 à 17,3 % en 2023, avant de refluer à 12,4 % au 1er novembre 2024 (2,2 millions de personnes). Elle double à temps partiel (24,5 % contre 9,6 %) et dans les très petites entreprises (19,4 % contre 10,8 %). Le tassement des salaires en bas de l'échelle est réel mais non irréversible : la poussée de 2021-2023 tient d'abord à l'inflation, le SMIC étant indexé quand les autres salaires ne le sont pas.

      Un allègement général accentuerait la concentration des rémunérations au voisinage du SMIC.

      Dares (ministère du Travail) ↗ · haute

    • ChiffrageUn coût budgétaire massif et en forte croissance

      Les exonérations de cotisations atteignent 75 milliards d'euros en 2023 et dépassent 80 milliards en 2024. Rapportées au PIB, elles sont passées de 1,1 % en 2004 à 2,8 % en 2022. Pour le seul régime général, elles ont doublé entre 2013 et 2022.

      La mesure accroîtrait une dépense déjà supérieure à 80 milliards d'euros, sans chiffrage public du surcoût.

      Cour des comptes ↗ · haute

    • InstitutionUne efficacité qui décroît à mesure que le dispositif s'étend

      La Cour des comptes juge que la politique d'exonérations a perdu en efficacité, du fait notamment de la polarisation du marché du travail, et que son effet est d'autant plus faible qu'elle s'éloigne des bas salaires. Une moindre concentration au niveau du SMIC pourrait être compensée par des créations d'emplois entre 1,2 et 1,6 SMIC si les allègements y étaient renforcés.

      La Cour des comptes juge l'efficacité décroissante ; un seuil général d'exonération dilue l'aide au-delà des bas salaires.

      Cour des comptes ↗ · haute

  • Il propose de plafonner à 70 % le total des prestations et aides sociales versées.
  • Il propose un seuil à partir de la 36e heure hebdomadaire au-delà duquel aucune cotisation salariale ni patronale n'est due, soit 35 % de coût du travail en moins.
  • Il propose d'alléger les charges sociales dès la première heure travaillée, en distinguant les cotisations contributives ou assurantielles des cotisations de solidarité.

    POUR(3)

    • ÉtudeL'évaluation fondatrice : 460 000 emplois entre 1994 et 1997

      Bruno Crépon et Rozenn Desplatz, dans la revue de l'INSEE Économie et Statistique (2001), estiment que les allègements sur les bas salaires ont créé ou sauvegardé 460 000 emplois entre 1994 et 1997, dont la moitié de postes non qualifiés. Réserve essentielle : ce chiffre a été vivement contesté (Sterdyniak à l'OFCE, Cette et Gubian en 2002), et les auteurs eux-mêmes ont averti qu'il n'est pas transposable à un nouvel allègement.

      Un allègement dès la première heure relève de la même logique que la ristourne évaluée en 2001.

      INSEE — Économie et Statistique n° 348 ↗ · haute Revue de l'OFCE ↗ · moyenne

    • ÉtudeEffet emploi établi lorsque l'allègement est concentré sous 1,6 SMIC

      La note du Conseil d'analyse économique de janvier 2019 « Baisse de charges : stop ou encore ? » établit que les allègements de cotisations patronales ont des effets significatifs sur l'emploi lorsqu'ils sont concentrés sous 1,6 SMIC. L'impact de 4 points d'allègement supplémentaires entre 1 et 1,6 SMIC y est estimé entre 80 000 et 200 000 emplois créés ou sauvegardés selon l'élasticité retenue. Limite : estimation ex ante par simulation, fourchette allant du simple au double et demi.

      L'allègement dès la première heure porte sur les rémunérations les plus basses, là où l'effet emploi est documenté.

      Notes du Conseil d'analyse économique ↗ · haute

    • InstitutionConfirmation indépendante cinq ans plus tard

      La mission confiée par Matignon à Antoine Bozio et Étienne Wasmer, remise le 3 octobre 2024, confirme l'efficacité supérieure des allègements en bas de la distribution salariale, déjà établie par le Conseil d'analyse économique en 2019. Deux travaux indépendants, commandés sous des majorités différentes, aboutissent au même résultat sur ce point précis.

      Convergence CAE 2019 / Bozio-Wasmer 2024 sur l'efficacité en bas de distribution.

      France Stratégie ↗ · haute

    CONTRE(3)

    • ChiffrageLa concentration au SMIC a culminé en 2023 avant de refluer

      La part de salariés payés au SMIC est passée de 12,0 % en 2021 à 17,3 % en 2023, avant de refluer à 12,4 % au 1er novembre 2024 (2,2 millions de personnes). Elle double à temps partiel (24,5 % contre 9,6 %) et dans les très petites entreprises (19,4 % contre 10,8 %). Le tassement des salaires en bas de l'échelle est réel mais non irréversible : la poussée de 2021-2023 tient d'abord à l'inflation, le SMIC étant indexé quand les autres salaires ne le sont pas.

      Alléger dès la première heure renforce l'avantage relatif des rémunérations les plus basses.

      Dares (ministère du Travail) ↗ · haute

    • ChiffrageUn coût budgétaire massif et en forte croissance

      Les exonérations de cotisations atteignent 75 milliards d'euros en 2023 et dépassent 80 milliards en 2024. Rapportées au PIB, elles sont passées de 1,1 % en 2004 à 2,8 % en 2022. Pour le seul régime général, elles ont doublé entre 2013 et 2022.

      Un allègement dès la première heure élargit l'assiette de la dépense sans borne haute annoncée.

      Cour des comptes ↗ · haute

    • ÉtudeTrappe à bas salaires et spécialisation dans les emplois peu rémunérés

      La mission Bozio-Wasmer constate que trente ans d'empilement de dispositifs ont pu conduire à une sur-spécialisation de l'économie française dans les emplois à bas salaires, au détriment de secteurs à plus forte valeur ajoutée, et que les allègements freinent la progression salariale au voisinage du SMIC. Les auteurs recommandent de réduire l'allègement au niveau du SMIC et d'instaurer un barème dégressif unique jusqu'à 2,5 SMIC.

      Bozio-Wasmer recommandent au contraire de réduire l'allègement au niveau du SMIC, pour desserrer la trappe salariale.

      France Stratégie ↗ · haute

  • Il présente la capitalisation comme un moyen de constituer des fonds d'investissement français face aux rachats par des fonds de pension étrangers.
  • Il propose une capitalisation qualifiée de populaire, ouverte aux revenus modestes, sur le modèle de l'étage existant dans la fonction publique.
  • Il propose d'activer une disposition du code du travail liant par une équation proportionnelle l'âge de la retraite et l'espérance de vie à la retraite.
  • Il annonce une réforme du régime par répartition assumant un âge légal de départ à la retraite.
  • Il propose d'ajouter un étage de capitalisation au système de retraite, présenté comme produisant ses effets dans 15 à 20 ans pour les générations futures.
  • Il chiffre l'écart de temps de travail de la France avec les autres Européens à trois semaines par an et trois années sur une vie.
Fabien Roussel Relevé — argumentaire en cours
  • Étendre la parité sociale aux entreprises : autant de représentants des salariés que d'actionnaires dans les conseils d'administration.source ↗
  • Abroger la loi travail et rétablir les CHSCT et les délégués du personnel.source ↗
Ségolène Royal Non exprimé
  • Droit au repos revendiqué comme héritage du mouvement ouvrier (dimanche chômé, congés payés) contre l'extension du travail les jours fériés.
  • Défense et extension des territoires zéro chômeur de longue durée ; reproche à E. Macron de les avoir réduits au lieu de les élargir.
  • Principe « broyeur-payeur » : faire payer les entreprises qui produisent burnouts et inaptitudes (plus de 100 000 inaptitudes par an), sur le modèle pollueur-payeur.
  • Chiffre à 100 000 par an le nombre de personnes sorties du marché du travail pour cause de burn-out ou de troubles musculosquelettiques.
  • Critique la réforme des retraites adoptée contre les syndicats unis et une majorité de salariés.
  • Propose d'augmenter le taux d'emploi entre 20 et 60 ans en résorbant les « gâchis productifs » plutôt que d'allonger la durée de travail.
  • Compare la mortalité au travail en France à celle du reste de l'Europe.
  • Propose de donner aux TPE et PME les moyens de renforcer la lutte contre les risques psychosociaux dans les secteurs les plus exposés.
  • S'oppose à la baisse des cotisations sociales, présentées comme du salaire différé et donc un revenu futur pour les salariés.

    POUR(3)

    • ChiffrageLa concentration au SMIC a culminé en 2023 avant de refluer

      La part de salariés payés au SMIC est passée de 12,0 % en 2021 à 17,3 % en 2023, avant de refluer à 12,4 % au 1er novembre 2024 (2,2 millions de personnes). Elle double à temps partiel (24,5 % contre 9,6 %) et dans les très petites entreprises (19,4 % contre 10,8 %). Le tassement des salaires en bas de l'échelle est réel mais non irréversible : la poussée de 2021-2023 tient d'abord à l'inflation, le SMIC étant indexé quand les autres salaires ne le sont pas.

      Le tassement mesuré des salaires en bas de l'échelle appuie l'opposition à de nouvelles baisses.

      Dares (ministère du Travail) ↗ · haute

    • ChiffrageUn coût budgétaire massif et en forte croissance

      Les exonérations de cotisations atteignent 75 milliards d'euros en 2023 et dépassent 80 milliards en 2024. Rapportées au PIB, elles sont passées de 1,1 % en 2004 à 2,8 % en 2022. Pour le seul régime général, elles ont doublé entre 2013 et 2022.

      L'opposition à la baisse s'appuie sur un coût que la Cour des comptes juge en croissance non maîtrisée.

      Cour des comptes ↗ · haute

    • ÉtudeTrappe à bas salaires et spécialisation dans les emplois peu rémunérés

      La mission Bozio-Wasmer constate que trente ans d'empilement de dispositifs ont pu conduire à une sur-spécialisation de l'économie française dans les emplois à bas salaires, au détriment de secteurs à plus forte valeur ajoutée, et que les allègements freinent la progression salariale au voisinage du SMIC. Les auteurs recommandent de réduire l'allègement au niveau du SMIC et d'instaurer un barème dégressif unique jusqu'à 2,5 SMIC.

      La qualification de salaire différé rejoint le constat d'un frein à la progression salariale identifié par Bozio-Wasmer.

      France Stratégie ↗ · haute

    CONTRE(3)

    • ÉtudeL'évaluation fondatrice : 460 000 emplois entre 1994 et 1997

      Bruno Crépon et Rozenn Desplatz, dans la revue de l'INSEE Économie et Statistique (2001), estiment que les allègements sur les bas salaires ont créé ou sauvegardé 460 000 emplois entre 1994 et 1997, dont la moitié de postes non qualifiés. Réserve essentielle : ce chiffre a été vivement contesté (Sterdyniak à l'OFCE, Cette et Gubian en 2002), et les auteurs eux-mêmes ont averti qu'il n'est pas transposable à un nouvel allègement.

      L'opposition de principe à toute baisse ignore l'effet emploi documenté sur les bas salaires.

      INSEE — Économie et Statistique n° 348 ↗ · haute Revue de l'OFCE ↗ · moyenne

    • InstitutionConfirmation indépendante cinq ans plus tard

      La mission confiée par Matignon à Antoine Bozio et Étienne Wasmer, remise le 3 octobre 2024, confirme l'efficacité supérieure des allègements en bas de la distribution salariale, déjà établie par le Conseil d'analyse économique en 2019. Deux travaux indépendants, commandés sous des majorités différentes, aboutissent au même résultat sur ce point précis.

      La convergence des deux rapports porte sur l'efficacité du segment bas de la distribution.

      France Stratégie ↗ · haute

    • ÉtudeEffet emploi établi lorsque l'allègement est concentré sous 1,6 SMIC

      La note du Conseil d'analyse économique de janvier 2019 « Baisse de charges : stop ou encore ? » établit que les allègements de cotisations patronales ont des effets significatifs sur l'emploi lorsqu'ils sont concentrés sous 1,6 SMIC. L'impact de 4 points d'allègement supplémentaires entre 1 et 1,6 SMIC y est estimé entre 80 000 et 200 000 emplois créés ou sauvegardés selon l'élasticité retenue. Limite : estimation ex ante par simulation, fourchette allant du simple au double et demi.

      S'opposer par principe à toute baisse inclut les allègements de bas salaires, dont l'effet emploi est documenté.

      Notes du Conseil d'analyse économique ↗ · haute

  • Critique les contrôles renforcés des bénéficiaires du RSA menés par certains départements et la perte du filet de sécurité en cas de radiation.
  • S'oppose à une limitation de l'assurance chômage à 12 mois, jugée trop courte pour permettre une formation vers les métiers de la transition.
  • Lie la baisse du nombre d'inspecteurs du travail à la hausse des accidents du travail.
  • Rappelle la suppression de critères de pénibilité, dont les postures pénibles, qu'elle attribue à Emmanuel Macron.
  • Annonce l'abrogation de la réforme des retraites.
Fabien Verdier Non exprimé
  • Demande que la penibilite soit prise en compte dans les dispositifs de retraite et critique le retrait du critere de penibilite et de la situation des femmes du debat sur les retraites.
  • Identifie les conditions de travail comme un sujet non traite, avec un fort taux d'accidents du travail dans certains secteurs.
  • Estime qu'une nouvelle reforme des retraites ne pourrait etre engagee sans dialogue social, convention citoyenne et travail d'expertise.
  • Constate que la situation de la jeunesse des quartiers est inchangee : memes ghettos, memes discriminations a l'emploi, meme ghettoisation.
  • Revient sur le CPE, qu'il presente comme une reponse aux crises des banlieues et au chomage des jeunes, et non comme une mesure liberale.
Éric Zemmour Relevé — argumentaire en cours
  • Simplifier le droit du travail et transformer l'administration pour qu'elle aide au lieu de contrôler.source ↗