ChiffrageLa concentration au SMIC a culminé en 2023 avant de refluer
La part de salariés payés au SMIC est passée de 12,0 % en 2021 à 17,3 % en 2023, avant de refluer à 12,4 % au 1er novembre 2024 (2,2 millions de personnes). Elle double à temps partiel (24,5 % contre 9,6 %) et dans les très petites entreprises (19,4 % contre 10,8 %). Le tassement des salaires en bas de l'échelle est réel mais non irréversible : la poussée de 2021-2023 tient d'abord à l'inflation, le SMIC étant indexé quand les autres salaires ne le sont pas.
Le tassement des salaires au voisinage du SMIC, mesuré par la Dares, étaye la remise en cause du dispositif.
Dares (ministère du Travail) ↗ · haute
ChiffrageUn coût budgétaire massif et en forte croissance
Les exonérations de cotisations atteignent 75 milliards d'euros en 2023 et dépassent 80 milliards en 2024. Rapportées au PIB, elles sont passées de 1,1 % en 2004 à 2,8 % en 2022. Pour le seul régime général, elles ont doublé entre 2013 et 2022.
Le rétablissement viserait une dépense que la Cour des comptes qualifie de massive et insuffisamment maîtrisée.
Cour des comptes ↗ · haute
InstitutionUne efficacité qui décroît à mesure que le dispositif s'étend
La Cour des comptes juge que la politique d'exonérations a perdu en efficacité, du fait notamment de la polarisation du marché du travail, et que son effet est d'autant plus faible qu'elle s'éloigne des bas salaires. Une moindre concentration au niveau du SMIC pourrait être compensée par des créations d'emplois entre 1,2 et 1,6 SMIC si les allègements y étaient renforcés.
La Cour identifie une part d'exonérations à l'efficacité incertaine, cible la plus défendable d'un rétablissement.
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ÉtudeTrappe à bas salaires et spécialisation dans les emplois peu rémunérés
La mission Bozio-Wasmer constate que trente ans d'empilement de dispositifs ont pu conduire à une sur-spécialisation de l'économie française dans les emplois à bas salaires, au détriment de secteurs à plus forte valeur ajoutée, et que les allègements freinent la progression salariale au voisinage du SMIC. Les auteurs recommandent de réduire l'allègement au niveau du SMIC et d'instaurer un barème dégressif unique jusqu'à 2,5 SMIC.
Bozio-Wasmer recommandent eux aussi de réduire l'allègement au niveau du SMIC, quoique dans un barème redessiné et non par un rétablissement général.
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ChiffrageLe précédent du CICE : un effet modeste au regard de la dépense
Le comité de suivi du CICE estime que l'effet le plus vraisemblable du dispositif est de l'ordre de 100 000 emplois créés ou sauvegardés sur 2013-2015, dans une fourchette de 10 000 à 200 000, pour une dépense de 47 milliards d'euros. Précision : les ratios de coût par emploi qui circulent dans le débat public sont des calculs effectués par des tiers et ne figurent pas dans le rapport.
L'évaluation ex post du CICE illustre qu'une dépense de cette ampleur peut produire un effet emploi modeste.
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